Les 13 Desserts de Provence

Tradition provençale avec 13 douceurs pour Noël

⏱️ 30 min
Mise en place
🔥 Variable
Cuisson
👥 12 personnes
Portions
Facile
Difficulté

Le soir du 24 décembre, en Provence, le repas maigre appelé gros souper s'achève par treize desserts, posés ensemble sur la table. Le chiffre évoque le Christ et les douze apôtres. Mais il n'existe pas de liste officielle : chaque famille, chaque village a la sienne. Ce guide présente les éléments les plus souvent cités, le sens qu'on leur prête, et une manière simple de les réunir. Les autres plats du réveillon se trouvent dans notre rubrique cuisine et réception.

Une tradition plus récente qu'on ne le croit

Les desserts de Noël provençaux sont anciens, mais le chiffre treize est récent. La première mention écrite généralement citée remonte à 1925, sous la plume du docteur Joseph Fallen, un écrivain d'Aubagne, dans un numéro de Noël du journal La Pignato. Avant cela, les témoignages parlent de desserts nombreux, sans compter le chiffre ; Frédéric Mistral n'en aurait fait disposer que onze sur la table du gros souper reconstituée au Museon Arlaten, à Arles.

Cette histoire n'enlève rien à la coutume : elle explique simplement pourquoi deux listes provençales diffèrent. Pour comprendre la place de ce repas dans la nuit du 24, l'article sur les origines du Réveillon donne le contexte.

Ce que l'on retrouve le plus souvent

Une liste assez courante rassemble les éléments suivants. Ils sont donnés à titre d'exemple : selon les maisons, certains disparaissent et d'autres s'ajoutent.

Les symboles associés

Les quatre mendiants renvoient aux ordres religieux : les raisins secs aux dominicains, les figues aux franciscains, les amandes aux carmes et les noix aux augustins, d'après la couleur de leur habit. Les deux nougats sont souvent présentés comme l'image du bien et du mal, ou des pénitents blancs et noirs. La pompe à l'huile se rompt à la main : la couper au couteau passait pour attirer la ruine. Ces lectures appartiennent à la tradition orale, et leur détail varie selon les sources.

Dresser la table

  1. Posez trois nappes blanches superposées, si vous suivez la coutume complète.
  2. Posez les fruits secs, les nougats et les confiseries sur de petits plats.
  3. Ajoutez la pompe à l'huile entière, pour la rompre à table.
  4. Disposez les fruits frais juste avant le dessert.
  5. Faites goûter un peu de chacun : la coutume veut que chaque convive prenne de tous les desserts.
  6. Laissez les desserts sur la table : dans de nombreuses familles, ils restaient trois jours. Gardez au frais ce qui est fragile, comme les oreillettes garnies et les fruits coupés.

À préparer à l'avance

Variantes et substitutions

Erreurs fréquentes

Que boire avec ?

Le vin cuit provençal, élaboré en faisant réduire le moût de raisin, est le choix traditionnel, notamment à Palette, près d'Aix. Un muscat de Beaumes-de-Venise ou un rasteau doux conviennent très bien si vous n'en trouvez pas.

Questions fréquentes

Quels sont les 13 desserts de Provence ?

Il n'existe pas de liste unique. On retrouve le plus souvent les quatre mendiants, deux nougats, les dattes, la pompe à l'huile, des fruits frais d'hiver, la pâte de coing, les calissons et les oreillettes. Le détail varie selon les familles et les villages.

Pourquoi treize desserts ?

Le chiffre évoque le Christ et les douze apôtres, réunis lors de la Cène. Il a été fixé tardivement, puisque sa première mention écrite généralement citée date de 1925.

Quand mange-t-on les 13 desserts ?

Ils sont servis le soir du 24 décembre, à la fin du gros souper, traditionnellement avant ou après la messe de minuit selon les familles.

Pourquoi ne faut-il pas couper la pompe à l'huile ?

La coutume veut qu'on la rompe à la main, comme le pain de la Cène. La couper au couteau passait pour attirer la ruine dans l'année à venir.